Témoignages

Anne

Anne a 27 ans, elle est originaire du Nigéria. Alors qu’elle vend des tomates sur un marché d’Abuja, elle est repérée par un réseau de proxénétisme.

 

On lui promet un avenir meilleur en France, des études et un travail. Mais dès son arrivée à Paris en 2009, Anne est forcée de se prostituer pour une maquerelle à Château Rouge. En 2013, elle parvient à lui échapper.

Sonia

C’est à l’âge de 30 ans que Sonia tombe dans la prostitution après avoir été repérée par un riche homme d’affaire alors qu’elle était employée d’une boutique de luxe parisienne.

Le scénario se répète à l'identique avec d’autres hommes riches. Elle se voit couverte de cadeaux, invitée dans des hôtels et restaurants luxueux aux 4 coins du monde. Lorsqu'elle se réveille une enveloppe l'attend sur la table de nuit, sans pourtant que cet aspect-là, nous explique-t-elle, n'ait été convenu.

Sonia ne se dit pas motivée par l’argent mais par l’affection qu’elle pensait recevoir de ses clients. Elle se sent valorisée et investie sentimentalement. Elle pense naïvement voir de l’amour là où il n’y a qu’une marchandisation de son corps. Elle préfère se définir comme ancienne dame de compagnie de luxe expliquant qu'elle choisissait comment se terminait la soirée.

Sonia est une femme qui ressent un profond manque affectif depuis l’enfance. Une enfance marquée par des abus sexuels incestueux que sa propre mère a refusé d’entendre. Cette attitude a laissé chez Sonia un véritable sentiment d’abandon et un manque chronique d’estime de soi. Par le biais de cette activité, Sonia pensait regagner l’affection de sa mère en l’aidant financièrement mais cela s’est révélé être un amour une nouvelle fois monnayé.


Les clients s'enchaînent et sont de plus en plus violents : ils payent et estiment donc avoir le droit de disposer de son corps librement. Elle prend finalement conscience que tous ces hommes abusent de sa faiblesse. Elle poursuit malgré tout son activité d’escorting jusqu’au jour où, en 2013, Sonia atteint le point de non-retour : elle est séquestrée et battue par son ex-conjoint devenu son proxénète.

Elle contacte alors notre Association. Nous la suivons depuis lors aussi bien dans ses démarches administratives, juridiques que médicales. Nous tâchons d’apporter à cette femme, en proie à une solitude sociale extrême, un soutien psychologique indispensable.


De son passé, Sonia a gardé de très lourdes séquelles : addiction à l’alcool (plusieurs cures de sevrages entreprises), hépatite, cirrhose du foie (Les médecins estiment qu’il ne lui reste que 2 ans à vivre), solitude, dépression, dévalorisation d’elle-même… etc.

Aujourd’hui, à 42 ans, Sonia souffre encore de son ancienne activité mais trouve un grand réconfort dans une nouvelle communauté religieuse qu’elle a rejoint et qui lui redonne confiance en elle. 

Maya

Maya, 20 ans, a été séquestrée pendant plusieurs mois par son mac. Désormais à l’abri, elle revient sur son quotidien d’esclave sexuelle et sur les conséquences actuelles, notamment affectives, de ce traumatisme.

Clara

Clara est une jeune femme roumaine qui a été prise dans les griffes d’un important réseau de prostitution roumain. C’est sur les trottoirs parisiens qu’elle vivait l’enfer de la prostitution. 

Clara a frôlé à maintes reprises la mort sous les coups de ses proxénètes et de ses clients. Cette jeune femme doit sa survie à une force morale qu’elle puise dans l’espoir de donner un avenir meilleur à sa fille de 9 ans restée chez ses parents en Roumanie. Le peu d’argent qui lui reste, elle l’envoie pour l’éducation de celle-ci.

En 2012 elle trouve la force et le courage de s’élever contre ses proxénètes en allant déposer une plainte auprès de la police. C’est à cette époque que Clara commence à fréquenter notre association pour débuter son parcours de réinsertion sociale. Ce retour à une vie normale pour les victimes de traite des êtres humains est extrêmement difficile.

Cette période de transition est délicate pour chacune des victimes car c’est un nouveau combat qui s’ouvre à elles; Un combat qu’elles doivent mener à bien malgré les plaies morales infligées par la violence de leur passé. Les Equipes d’Action sont aux côtés de Clara pour la soutenir et l’accompagner dans ses démarches afin qu’elle obtienne un titre de séjour , nécessaire pour trouver un emploi en France qui lui permettra de se nourrir, de se soigner mais aussi de bénéficier de la sécurité d’un toit.

L’espoir qu’elle et sa fille soient un jour réunies en France est encore ce qui nourrit la détermination de Clara à lutter pour sa réinsertion.

Il y a peu, Clara, avec l’aide d’un avocat des EACP, a gagné son procès face à ses tortionnaires. Elle vient également de trouver un emploi grâce auquel elle pourra bientôt trouver un logement et ainsi, nous l’espérons, faire venir sa fille auprès d’elle.

Tony

Tony a 25 ans et vit à Lyon. La prostitution, il y est entré pour gagner beaucoup d’argent. Mais après plusieurs années de métier, des dizaines de passes et des liasses de cash, Tony se sent pris dans un engrenage. Il imagine sa vie d’après.

Nina

Nina, jeune nigériane, a 18 ans lorsqu’elle est abordée par une « mama » (une nigériane proxénète) alors qu’elle travaille au marché de Benin-City.

Cette personne lui explique que sa vie serait meilleure en France qu’elle pourrait y étudier pour avoir un avenir meilleur. Elle parvient à gagner la confiance de Nina et de sa mère qui la confie à cette bienfaitrice. Ce n’est qu’à son arrivée à Paris, que la jeune femme découvre les réelles intentions de cette escroc : dès sa première nuit dans la capitale, Nina se retrouve sur les trottoirs du 18e arrondissement, perdue, en pleurs, dans l’incompréhension la plus totale.

Avant son départ du Nigeria, pour assurer son joug sur sa victime et le remboursement de sa dette de passage, la proxénète a entrepris une séance d’envoûtement vaudou. Cette séance, appelée ju-ju, est un moyen de pression psychologique extrêmement puissant, mêlant croyances ancestrales et loyauté familiale, garantissant l’emprise de la « mama » sur la jeune femme.

Son calvaire va durer des années. La violence des clients est quotidienne. Elle en garde encore aujourd’hui des séquelles physiques et psychologiques importantes.


Un jour, malgré les menaces qui pèsent sur elle et sa famille, elle décide de fuir sa souteneuse. Ne parlant pas du tout français, sans papier, seule et livrée à elle-même, pour sa survie elle se retrouve contrainte à continuer de vendre son corps. 5 ans après son arrivée en France, elle se fait interpeller par la police montée du Bois de Boulogne. Epuisée moralement, physiquement elle n’essaye pas alors de les fuir. Comprenant sa situation, les  policiers l’encouragent à prendre contact avec notre association. Déterminée à quitter définitivement cet enfer, Nina se rend immédiatement à l’Association.  Rapidement, nous réussissons à lui trouver une place en foyer pour jeunes femmes en difficulté. Nous l’inscrivons à des cours de français. Nous l’aidons dans ses démarches administratives et médicales. En situation illégale, nous l’accompagnons faire sa demande de titre de séjour, nécessaire pour trouver un emploi.

La plainte de Nina contre sa proxénète n’a malheureusement jamais pu aboutir faute de pouvoir fournir des éléments concrets sur l’identité de sa souteneuse, les « mamas » agissant toujours sous le couvert d’une fausse identité. Cette dernière n’a jamais donc pu être arrêtée. C’est pourquoi à ce jour, ne pouvant justifier officiellement de son statut de victime sur le territoire français, la demande de titre de séjour de Nina a été refusée.

Cette jeune femme vit aujourd’hui un profond effondrement psychologique suite au traumatisme de son passé : crises d’angoisse, tentatives de suicide, internements en hôpital psychiatrique, mésestime de soi et de ces capacités… Elle parvient difficilement à accorder sa confiance aux autres et à établir des relations sociales. La religion lui permet cependant de s’accrocher et d’essayer d’évacuer son angoisse permanente de mort, issue de l’emprise vaudou.

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