"Petit ami" et proxénète
- Equipes Action Contre le Proxenetisme
- 19 nov.
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 nov.
L’affaire examinée par la cour d’appel d’Angers le 6 octobre dernier montre à quel point un proxénète peut exercer une emprise bien plus profonde qu’un simple rapport d’exploitation.
Il s’agissait ici d’un jeune homme accusé d’avoir prostitué sa com
pagne entre le 26 janvier et le 23 avril 2025. Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme, il a choisi de faire appel.
Les éléments du dossier sont pourtant accablants : à peine sorti de détention, l’accusé entame une relation avec la victime et la convainc d’abandonner son emploi de serveuse pour se prostituer, ce qu’elle accepte par amour. Très rapidement, il crée des comptes sur des sites spécialisés, organise l’ensemble de l’activité par téléphone et impose à sa compagne de travailler cinq jours par semaine. Il encaissait la totalité des gains, qui atteignaient environ 500 euros par jour.
Isolée de son entourage et sous forte emprise affective, la victime a été exploitée à Angers, mais aussi dans d’autres villes comme Bordeaux et La Rochelle, dans des logements AirBnB ou des hôtels. Au moindre retard de réponse, l’accusé la soupçonnait d’accorder gratuitement ses services à des clients, puis l’insultait et la frappait, provoquant des hématomes sur ses cuisses et ses bras. Sa violence, sa jalousie et ses menaces témoignent d’un contrôle total.
Cette affaire illustre un mode d’exploitation tristement répandu, appelé le phénomène du “lover boy”, où une femme séduite puis isolée tombe sous l’emprise d’un homme qui la manipule jusqu’à la prostitution.

Commentaires