Pontoise : 15 ans de prison pour le proxénète
- Equipes Action Contre le Proxenetisme
- 6 oct.
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Dernière mise à jour : 17 oct.
Du 15 au 26 septembre 2025 Un procès d’une gravité exceptionnelle s’est tenu devant la cour d’assises des mineurs de Pontoise. Sept personnes, dont cinq mineurs, étaient jugées pour leur implication dans un réseau de prostitution de mineures à Cergy.
Pendant 2 semaines, six jeunes hommes et une jeune femme comparaissent devant la cour d’assise des mineurs du Val d’Oise car ils sont accusés d’avoir prostitué des jeunes adolescentes mineures âgées de 13 à 15 ans entre 2021 et 2022. Cinq des sept accusés étant eux-mêmes mineurs.
Le verdict est de 15 ans de prison pour le principal proxénète. Les autres peines prononcées sont de 5, 4, 3 et 2 ans de prison.
Le principal accusé avait déjà été condamné à plusieurs reprises, notamment pour des faits d'atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans, il est décrit par les jeunes filles comme particulièrement menaçant, n'hésitant pas à les menacer de mort ou à utiliser la violence pour qu’elles ne quittent pas son emprise.
Les séquelles de ce comportement sont évidemment terribles, les victimes souffrent d'atteintes psychologiques majeures qui s'ajoutent à des traumatismes physiques dus à un rythme d’exploitation extrême.
Les jeunes filles étaient particulièrement vulnérables puisqu'une majorité d’entre elles étaient en fugue ou logées par l’ASE au moment des faits.
Cette affaire met en lumière la fragilité des jeunes filles hébergées par l’aide sociale à l’enfance ou en foyer ou en maison d’enfants à caractère social (MECS). En effet, les chiffres montrent que la prostitution des mineures devient monnaie courante et qu’elle est souvent corrélée avec une prise en charge de l’ASE.
Aujourd’hui, l’exploitation sexuelle des mineurs en France concerne entre 15 000 et 20 000 jeunes entre 12 et 17 ans dont la moitié seraient des enfants placés à l’ASE.
Cela nous pousse à nous questionner sur la prise en charge à mettre en place pour ces jeunes filles qui entrent dans les réseaux et permettent ensuite aux proxénètes de toucher un plus grand nombre de jeunes filles issues des structures d'accueil.
De plus, il faudrait une vraie prise en charge psychologique des victimes afin qu’elles ne puissent pas à nouveau subir l’emprise de personnes qui cherchent à profiter d’elles. L’EACP propose donc de multiplier les actions de prévention à destination des public vulnérables dans les foyers et les MECS.
Les faits font peur mais ils sont le reflet d’une réalité sociétale qu’il est essentiel de combattre: les affaires impliquant des mineurs en tant qu’auteurs et/ou victimes se multiplient et nécessitent donc la mise en place de politiques particulières.


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